Alexandre Tharaud
Poulenc Pièces pour piano, Alexandre Tharaud

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La relation de Francis Poulenc (1899-1963) avec le piano ressemble à celle de deux amants qui se seraient aimés puis détestés sans finalement pouvoir se passer l’un de l’autre. Une liaison mêlant l’amour et la raison, la sincérité et l’opportunisme. Au long de sa carrière, Poulenc écrira de la musique pour piano sur commande des éditeurs, mais aussi pour exprimer le plus profond de lui-même, la première exigence n’excluant au demeurant pas forcément la seconde. Tout en ayant multiplié les déclarations négatives sur sa production pianistique, Poulenc s’est pourtant consacré à son instrument quasiment jusqu’à la fin de ses jours : en 1959, il publie une ultime pièce, magnifique, la Troisième novelette [FP 173], une commande de son éditeur londonien Chester clôturant en toute beauté un catalogue, inégal mais souvent passionnant, entamé dès 1917.

The relationship that existed between Francis Poulenc (1899-1963) and the piano was like that of two lovers, whose feelings shifted from love to hate but who, in the end, were unable to do without each another—an affair that was a mixture of love and reason, sincerity and opportunism. Throughout his career, Poulenc wrote piano music to commission from his publishers, but also as an expression of the deepest aspects of his person-ality (the one does not necessarily exclude the other).

Despite the many negative comments he made about his pianistic output, Poulenc nevertheless continued to devote himself to the instrument almost until the end of his life: in 1959, he published a fin-al, magnificent piece, his Third Novelette (FP 173), commissioned by his London publisher, Chester, thus handsomely bringing to an end an uneven but often exciting catalogue, begun in 1917.